Jean-Luc Coubronne

Jean-Luc Coubronne

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7 years · 1 month · 11 days
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48260254

Bio

In 2013, as a hobby, I took an interest in the coal miners from my region (Nord-Pas-de-Calais, France) who had emigrated to the USA, for a better life, in the end of the 19th century and the beginning of the 20th. I soon realized that they could be counted in thousands, just a few miles from home.
I have extended my research to Belgium because lots of them had Belgian descent ; the civil records of Belgium are also online.
My aim is only to establish a link between France, Belgium and the USA. I do not search the descendants who were born in America.
Though it was only a hobby at the beginning, I am now conscious that I can provide a little help to foreign genealogists ; also and mainly on our family tree "anniedemory" on Geneanet (especially from the box Last Name + Advanced Search + Place, but not only), with thousands of emigrants to the USA, Canada, Argentina...
Jean-Luc Coubronne

Vous trouverez ci-contre les "memorials" que des Américains m'ont transférés (Memorials Managed), ainsi que ceux d'émigrés nés dans un rayon de 30 à 40 km autour d'Aire-sur-la Lys (Flowers Added) et dont la sépulture est sur Find a Grave. Il y a là aussi des émigrés venant d'autres régions, de Belgique et de quelques autres pays. À partir de la personne recherchée, on peut souvent trouver les autres membres de la famille. Quelques "memorials" comportent des erreurs qui n'ont pas été rectifiées ("contributor" décédé par exemple). Dans ce cas, les dates exactes sont sur notre arbre.
La plupart des émigrés (essentiellement aux USA et au Canada) sont d'ailleurs sur notre arbre "anniedemory" dans Geneanet (avec des photos, et des liens pour les "memorials", les actes et les documents). On peut déjà en trouver plusieurs milliers à partir de la case "nom ou n° Sosa" + "recherches avancées" + "lieu" (taper USA, Canada, un état, une ville ou un village) . Beaucoup d'entre eux étaient des ouvriers mineurs.
Tous ceux dont je n'ai pas trouvé le décès dans ces pays doivent être recherchés à partir de la case "nom ou n° Sosa".
Pour toutes recherches à l'étranger, prière de vous adresser à moi uniquement (et non pas à mon épouse). Voir mon adresse mail ci-dessus.

Plus spécialement pour les généalogistes d'Aire-sur-la-Lys et des environs : nos cousins d'Amérique.
De nombreux habitants de la région ont émigré aux États-Unis et au Canada à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème. Parmi ceux-ci, on trouve des Airois et des citoyens des communes environnantes ; tous ceux qui ont leur nom en minuscules entre parenthèses ont leur sépulture sur le site "Find a Grave". C'est avec cette orthographe qu'il faut les chercher sur ce site (dans Flowers Added ci-contre).

Nés à Aire-sur-la-Lys :
François DESANNOY (Francois Desannoy), né en 1836 , Minnesota.
Marie Flore TOULOTTE (Marie Campagne), 1844, Saskatchewan (Canada).
Porphyre Narcisse MARTIN (Narcisse Martin), 1845, Maryland.
Augustin DELPOUVE, 1845, New York.
Théophile LOUCHART, père (Theophile Louchart), 1861, Michigan.
Théophile LOUCHART, fils (Theophile Louchart), 1883, Michigan.
Joseph VEST, 1869, Alberta (Canada).
Auguste DELANNOY (August Delannoy), 1871, Californie.
Augustin HANNEBIQUE (Augustin Hannebique), 1878, Illinois.
Laure LOUCHART, 1881, Michigan.
Jeanne Marie DUTOIT (Jane Favre), 1882, Illinois.
Marie BIAUSQUE, 1898, New York.
Robert Pierre Achille DUSSART, 1931, Texas (1953).
Ceux qui partaient dans l'Illinois, la Pennsylvanie, le Colorado étaient souvent des ouvriers mineurs ; les émigrés au Canada venaient plutôt du monde rural.

Autour d'Aire-sur-la-Lys, on trouve d'autres émigrés partis aux États-Unis ou au Canada :
Arthur SPA(E)S, 1885, de Blaringhem (Nouvelle-Écosse, Canada).
Emma DAUCHELLE (Emma Delepove), 1852, de Boëseghem (New York).
Angèle DELPOUVE (Angel Flick), 28/10/1871, de Boëseghem (New York).
Flora DELPOUVE (Flora Doty), 1874, de Boëseghem (New York).
Augustin QUÉTU (Augustin Quetu), 1878, de Roquetoire (Californie).
Augustine DEROO (Augustine Quetu), 1878, de Roquetoire (Californie).
Stéphanie DESANNOY (Stefanie Beland), 1865, de Molinghem, (Minnesota).
Aline DESANNOY (Aline Degrugillier), 1869, de Molinghem (Minnesota).
Marie CLÉRY (Mary Boilet), 1875, de Berguette (Illinois).
Gustave LAMIAUX, 1872, d'Isbergues (Illinois).
Julien POIRET (Julien Poiret), 1858, de Quernes (Colorado).
Théodore BLONDEL,1869, de Blessy (Illinois).
Louis BEUGIN (Louis Beugin), 1866, d'Estrée-Blanche (Kansas).
Virgina Maria DÉGREMONT (Virginia M. Degremont Gallagher) d'Estrée-Blanche (Pennsylvanie).
Omérine CARON (Omerine Parent), 1874, d'Auchy-au-Bois (Virginie-Occidentale).
Édouard CAUMIANT ou COMIANT, 1875, d'Auchy-au-Bois (Illinois).
Maria DUHAYON (Maria Hermary), 1874, de Lambres (Alberta, Canada).
Frumence DÉQUENNE, 1851, de Norrent-Fontes (Pennsylvanie).
Noémi DÉQUENNE (Noemie Labrosse), 1881, de Norrent-Fontes (Pennsylvanie).
Élise DÉQUENNE (Elise Merlin), 1882, de Norrent-Fontes (Pennsylvanie).

Des habitants de Thiennes ont aussi émigré au Canada, dont 7 enfants de François VASSEUR et de Zélie MAERLE. L'un d'eux, Gustave, participa à la création d'un familistère dans l'Alberta, sur l'incitation du Docteur Adalbert Tanche. Mais l'aventure se termina très vite en échec car les terres qu'on leur avait vendues étaient de très mauvaise qualité : voir "Sylvan Lake (AB) - Canadian Utopias Project" sur internet.
Quatre d'entre eux ont leur sépulture sur Find a Grave :
Gustave VASSEUR (Gustave Vasseur), 1881, (Colombie-Britannique, Canada).
Moïse VASSEUR (Victor Vasseur), 1885, (Colombie-Britannique, Canada).
Paul VASSEUR (Paul Vasseur), 10/8/1890, (Californie, USA).
Georges VASSEUR (George Vasseur), 1892, (Colombie-Britannique, Canada).

À Enquin-les-Mines, ce sont surtout des ouvriers mineurs :
Charles BROUTIN (Charles Broutin), 1860, (Pennsylvanie).
François DEMANY (Frank Demany), 1873, (Montana).
Arthur DAVRIN (Arthur Davrain), 1871, (Kansas).
Augustin THÉLIER (Augustin Thelier), 1878, (Michigan).
Célina CAUMIANT ou COMIANT (Celina McFadyen), 1869, (Illinois).

Le nombre d'émigrés en Amérique augmente rapidement au fur et à mesure que l'on s'avance dans la région des mines : une cinquantaine à Ferfay, une centaine pour les 4 villages d'Ames, Amettes, Lières et Lespesses, une centaine à Marles-les-Mines, plusieurs centaines à Auchel, tout autant à Bruay-la-Buissière, à Lens, à Noeux-les-Mines, plus de 1000 à Liévin et certainement beaucoup plus de 10000 pour l'ensemble du bassin minier si on inclut les femmes et les enfants.

Jean-Luc Coubronne

Petite histoire de l'émigration des ouvriers mineurs du Nord-Pas-de-Calais en Amérique.

Début des recherches.
Même si j'aperçois les premiers terrils de chez moi, je ne peux pas dire que je suis né dans la région des mines. Il y a encore quelques années, je ne connaissais pas grand-chose des mineurs et encore moins de ceux qui avaient émigré en Amérique, même si j'avais entendu dire que certains étaient partis dans l'Illinois parce qu'ils étaient très mal payés dans la région. Bien sûr, j'avais lu Germinal de Zola, vu le film, et je savais que les mineurs vivaient dans des conditions misérables au XIXème siècle. Mais, à part cela, ma connaissance du monde de la mine était bien pauvre.
Puis, un jour, j'ai reçu un mail d'une Américaine qui me disait que ses ancêtres étaient originaires de Marles-les-Mines et qu'il y avait beaucoup de descendants de mineurs français dans sa ville natale de l'Illinois. J'ai commencé alors à m'intéresser à ces émigrés. Au début, les recherches étaient difficiles et je ne trouvais pas grand-chose. Puis, j'ai fait mes recherches à partir des matricules militaires. Je me suis surtout fixé sur le bureau de Béthune et celui de Saint-Omer (canton d'Aire et canton de Fauquembergues uniquement). Jusqu'ici, j'ai épluché tous les livrets de la classe 1867 à celle de 1893 ; c'est dire que je suis loin d'avoir terminé, sachant qu'ils sont en ligne jusque 1921. Bien sûr, j'ai quand même trouvé des émigrés plus récents, notamment des enfants des plus anciens. De plus, presque tous les mineurs se mariaient entre eux, ce qui m'a permis de reconstituer des arbres généalogiques assez grands. Des centaines d'ouvriers mineurs sont partis d'Auchel, de Lens, de Bruay-la-Buissière, plus de 1000 de Liévin et des milliers sur l'ensemble du bassin minier. Et je n'ai quasiment pas étudié les verriers de la région d'Aniche, les ouvriers du textile de la région lilloise ou de la dentelle à Calais. Avant la guerre, la moitié des habitants de Woonsocket, une ville de 40000 habitants dans le Rhode Island, étaient d'origine française, et ils n'étaient pas mineurs.

Les premières mines.
Dans le Pas-de-Calais, les premières découvertes de charbon datent de l'époque de Louis XIV (à Réty). En Belgique, on exploitait aussi déjà le charbon à cette époque dans la région de Charleroi. Plus tard, le charbon se faisant rare à Réty, les ouvriers de ce village vinrent s'installer à Lens, Liévin, Nœux-les-Mines où on ouvrait de nouveaux puits. Je ne suis pas historien, mais je sais qu'il en était de même pour les Belges qui arrivèrent en nombre de la région de Charleroi. À ceux-là s'ajoutaient les ouvriers des campagnes qui cherchaient du travail, si bien que la ville de Liévin était devenue une des plus grandes villes du Pas-de-Calais au début du XXème siècle. Les Belges furent accueillis convenablement au départ. Mais l'arrivée de nouveaux contingents provoqua des émeutes à Liévin. On les accusait d'être un peu trop courageux et d'accepter des bas salaires. Certains durent retourner chez eux. D'autres émigrèrent aux États-Unis ainsi que de nombreux Français dont le sort n'était guère plus enviable. Des Américains m'ont dit que, même là-bas, les Belges n'étaient pas toujours aimés des Français. Les Belges épousaient cependant assez souvent des Françaises, sans doute pour leur mode de vie assez proche et pour leur langue commune. Ils représentaient aussi une proportion importante de la population minière de notre région. À noter qu'il y avait aussi une émigration de mineurs du Massif Central, de l'Est, de la Mayenne, de l'Aveyron et que tous ces gens se retrouvaient dans le Nord-Pas-de-Calais.

Les causes de l'émigration aux États-Unis.
Elles sont multiples. Outre les causes citées ci-dessus, les raisons d'émigrer étaient les suivantes. On était encore proche de la Ruée vers l'Or. C'était le rêve américain. Des recruteurs américains venaient dans la région et promettaient la fortune à ceux qui partiraient. Et comme ces gens n'avaient pas beaucoup d'instruction, on peut supposer qu'ils les croyaient. Il faut dire qu'avant 1880, un tiers environ des mineurs ne savaient pas signer leur nom. De plus, ils n'avaient pas grand-chose à perdre : les corons appartenaient aux compagnies minières et les mineurs ne possédaient guère plus qu'un lit, une armoire et quelques chaises. Il y avait eu aussi des événements malheureux : des accidents de la mine, la Guerre de 1870, la Guerre de Crimée, le choléra, la tuberculose. Ils pensaient qu'ils ne pouvaient trouver ailleurs qu'un monde meilleur. Il faut ajouter aussi que de nombreux mineurs syndicalistes ou meneurs de grèves partaient car ils ne pouvaient plus trouver de travail dans la région ; les patrons se mettaient d'accord pour ne plus les embaucher.

Le départ.
En général, un ami ou un cousin était déjà parti. Les hommes célibataires s'en allaient sans complexes. Les hommes mariés partaient souvent seuls, en éclaireurs, et leurs épouses les suivaient en général quelques mois plus tard avec les enfants. Certaines refusaient de partir et ne revoyaient plus jamais leur mari qui s'était remarié en Amérique. Elles obtenaient souvent le divorce plusieurs années plus tard. Les embarquements se faisaient au Havre, à Boulogne-sur-Mer, mais aussi à Anvers ; sans doute pour des raisons de facilité, de discrétion et aussi parce qu'il y avait beaucoup de Belges. Le voyage, d'une dizaine de jours se terminait à New York sur Ellis Island, et à Castle Garden avant 1890. Là, ils étaient triés et parfois rançonnés par des douaniers peu scrupuleux. Les ouvriers mineurs se rendaient aux États-Unis et quelques-uns au Canada, en Nouvelle-Écosse. Les agriculteurs partaient plutôt au Canada ou en Argentine.

Les émigrés et l'armée.
Les hommes étaient insoumis vis-à-vis de l'armée ; une raison sans doute pour laquelle ce phénomène d'émigration n'est pas très connu. Les départs se faisaient souvent clandestinement. Sur les actes de mariage, les mariés et les témoins affirment souvent que le père du marié est de domicile inconnu. En fait, ils ne souhaitaient sans doute pas trop en parler. Les hommes demeuraient insoumis ou déserteurs jusque l'âge de 45 ans, puis jusque l'âge de 53 ans s'ils étaient susceptibles de participer aux deux guerres mondiales. La gendarmerie essayait de trouver leurs lieux de résidence en Amérique. Ils ne pouvaient guère rentrer en France, sinon, ils étaient soumis à l'obligation d'effectuer leur service militaire et risquaient même plusieurs années de prison. Certains avaient accepté de combattre pour la France depuis l'Amérique et ils restaient cependant insoumis, parfois après leur mort ! Manque de communication.

La vie en Amérique.
Les mineurs étaient souvent regroupés dans des villes ou des villages, un peu comme les Polonais chez nous. Au départ, ils partaient plutôt vers la Pennsylvanie. Puis, l'état de prédilection fut sans conteste l'Illinois. Mais beaucoup se fixèrent aussi au Kansas, au Colorado, dans l'Indiana, le Michigan, La Virginie-Occidentale, l'Oklahoma, l'Ohio. D'après ce que les descendants me racontent, ils vivaient souvent à la française. Ils cultivaient leurs légumes, faisaient leur vin, parlaient patois et les enfants qui ne connaissaient déjà plus beaucoup le français devaient souhaiter "bon année bon santé" à leurs grands-parents s'ils voulaient recevoir leurs étrennes. Certains descendants m'ont affirmé que, dans l'ensemble, les mineurs n'étaient pas malheureux, mais ce n'était pas toujours le cas, notamment au moment de la crise économique de 29. D'ailleurs, peu d'entre eux firent fortune aux États-Unis, même s'il y a eu des exceptions, comme cet Auchellois qui avait réussi à fonder un grand groupe industriel de boulangerie-pâtisserie.

Accidents et grèves.
Le travail était pénible et les accidents fréquents, souvent causés par des éboulements d'ardoise dans les mines à ciel ouvert (voir les sites "Coal Mining Fatalities" pour chaque état qui relatent un nombre incroyable d'accidents mortels). Et puis, il y avait les grèves, souvent menées par des syndicalistes de tendance anarchiste, dont beaucoup étaient originaires de la région (voir La Sociale en Amérique par Michel Cordillot). Ces syndicalistes risquaient gros, eux aussi. Ils faisaient néanmoins paraître des gazettes avec un système de cotisations et d'entraide. Rappelons que la fête du 1er mai tire son origine de grèves à Chicago, même si les grévistes n'étaient pas dans ce cas des mineurs. Mais les grèves de mineurs furent nombreuses (voir par exemple dans Google le document "Kansas Miners Strikes" avec la marche des femmes à la tête de laquelle on pouvait voir une épicière originaire de la région qui distribuait son stock de poivre pour le jeter dans les yeux des "jaunes", les non-grévistes).
Il y eut aussi des massacres, comme celui de Ludlow au Colorado, dans lequel 26 grévistes furent tués. On comprend peut-être mieux pourquoi ces ouvriers, exploités dans leur pays d'origine, puis en Amérique, sont devenus, par la suite, un peuple fort et résilient.

Anecdotes.
Les descendants d'émigrés avec lesquels je corresponds m'en racontent beaucoup. En voici quelques-unes :
Une femme de mineur qui avait suivi son mari en Amérique, refusa, pendant plus de 40 ans, de prononcer un seul mot d'anglais.
Une autre n'avait emporté avec elle qu'un seul objet : un fer à gaufres.
Un mineur, perdu et affamé à 3h du matin dans New York entend parler patois. Les voix sont celles de deux autres mineurs ch'ti qui lui donnent à manger et l'emmènent avec eux au Kansas où il fera sa vie.
Un lutteur en a assez d'entendre le curé de son village lui reprocher de ne pas avoir fait baptiser son enfant mort, et ceci chaque fois qu'il va à la fontaine. Il lui casse la figure, perd son travail et se trouve dans l'obligation d'émigrer.
Une femme part en Alaska ("End of Territory") avec son enfant de six mois dans les bras. Mais je les retrouve quelques années plus tard sains et saufs. Ouf !...
Enfin, une petite dernière, mais de moi cette fois-ci ; si un jour, comme à tout le monde, il devait m'arriver quelque chose, cette petite épitaphe ne me déplairait pas :

"Il est parti rejoindre ceux qu'il a cherchés si loin."

Jean-Luc Coubronne

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